Le démographe Jean-François Léger dévoile les dynamiques constatées à l’échelle nationale et régionale. Il revient sur les défis auxquels la Ville est et sera confrontée.
Pouvez-vous dresser un portrait démographique de Suresnes ?
Suresnes s’inscrit dans la dynamique singulière de l’agglomération parisienne : près de 10 millions d’habitants, une forte concentration de cadres et de catégories supérieures, un foncier rare et cher. Elle se distingue toutefois par la préservation d’un parc social important et par un tissu pavillonnaire devenu rare en petite couronne. Ces atouts nourrissent son attractivité mais ne l’exemptent pas d’un défi important : maîtriser une pression immobilière forte. Comme ailleurs dans la métropole, la question centrale est donc : comment maintenir une mixité sociale harmonieuse et équilibrée.
Quels leviers la Ville peut-elle actionner pour assurer un renouvellement démographique et un équilibre de sa population ?
Le ralentissement démographique national aura un impact mesuré : la région capitale demeure un passage obligé pour les étudiants et les jeunes actifs grâce à sa densité d’équipements, d’universités et d’emplois. Le « turn-over » restera élevé : installation initiale à Paris, puis recherche d’un cadre plus résidentiel comme Suresnes pour fonder une famille. Pour assurer le renouvellement démographique, la ville doit maintenir une offre variée : logements familiaux favorisant l’ancrage durable des ménages, et petites surfaces permettant l’accueil de jeunes adultes.
Quels scénarios Suresnes doit elle anticiper pour adapter ses politiques publiques dans les années à venir ?
Malgré la baisse de la fécondité, l’accueil de la petite enfance restera un enjeu majeur afin de rester attractive pour les familles. Le vieillissement de la population exigera des adaptations en matière de mobilité, de santé et de services. Enfin, la région est proche de son maximum constructible : on ne pourra pas densifier indéfiniment. S’ouvre alors un débat national : faut-il accepter une moindre concentration des activités en Île-de-France ? Une déconcentration progressive pourrait relâcher la pression foncière. À moyen terme, il s’agira sans doute d’accompagner une légère décroissance démographique, nécessaire pour préserver qualité de vie et mixité.