À l’occasion de la Journée mondiale de la radio, le 13 février, retour sur l’épopée de La Radiotechnique. Cette entreprise pionnière installée rue Carnot au début du 20e siècle, a contribué à transformer la radio d’un objet technique en un média de divertissement et d’information de masse.
En 1921, une jeune entreprise créée à Lyon deux ans plus tôt s’installe au 31, rue Carnot pour fabriquer des lampes pour postes de radio : La Radiotechnique. Ces tubes électroniques, indispensables pour capter les ondes, sont alors fabriqués à la main : de 27 ouvriers en 1921, l’effectif passe à 600 en 1926. 6 000 tubes électroniques sont alors produits chaque jour. En 1929, la société reprend la production des radios Radiola, et deux ans plus tard, un accord avec Philips lui permet de fabriquer les appareils de la marque pour le marché français. Grâce à La Radiotechnique, la radio devient un compagnon du quotidien, apportant voix, musique et actualités dans les foyers. Après 1947, l’entreprise élargit encore son champ d’activités : tubes cathodiques, téléviseurs, magnétoscopes, autoradios et même le Minitel, ancêtre de l’informatique à domicile, sortent de ses chaînes. Dans les années 1950, La Radiotechnique produit sous les marques Radiola et Philips plus de 40% des postes de radio français. Son site de Suresnes s’étend entre les rues Carnot et Gambetta.
Dans l’enceinte de Philips
Pour répondre à la demande, la production se décentralise : Rambouillet pour les radios et téléviseurs, Chartres pour les tubes électroniques, Dreux pour les cathodiques, Caen pour les semi‑conducteurs… Un véritable réseau industriel national se met en place. Après plusieurs fusions, La Radiotechnique est finalement absorbée en 1996 par Philips. Le siège français du groupe, installé à Suresnes, entre la rue de Verdun et la rue Carnot, témoigne de l’héritage durable de cette entreprise qui a fait vibrer les ondes et marqué l’histoire industrielle et technologique de la ville.