Urbaniste, bâtisseur, le maire emblématique de Suresnes de 1919 à 1943 œuvra sans relâche à améliorer les conditions de vie de ses contemporains et fit du logement pour tous un de ses plus grands combats.
Né en 1883 à Bourges dans une famille modeste, Henri Sellier gravit les échelons grâce à une volonté farouche. Parmi les premiers à HEC comme boursier de la Chambre de commerce de Paris, il s’en sort diplômé en 1901. Animé, par l’ambition de comprendre la société pour l’améliorer, il va très vite s’orienter dans la politique avec la SFIO (ancêtre du Parti socialiste). Conseiller général de Puteaux en 1912, il s’installe à Suresnes en 1915 et devient maire en 1919. Pendant vingt-quatre ans, il fait de Suresnes un laboratoire de progrès avec le développement de logements modernes, équipements collectifs, services sociaux municipaux…
Hygiène, verdure, lumière
Fondateur et administrateur de l’Office des habitations à bon marché du département de la Seine de 1914 à 1942. Il affronte des problématiques étonnamment contemporaines : attribution équitable des logements, participation des habitants, gestion du vandalisme. Il aborde ses thèmes dans son ouvrage “Une cité pour tous”. Henri Sellier est aussi un bâtisseur. Entouré des meilleurs architectes, il lance la construction d’une quinzaine de cités-jardins autour de Paris. Celle de Suresnes, la plus emblématique, incarne son credo : hygiène, verdure, dignité pour tous. En parallèle, il fonde en 1919 avec Marcel Poëte l’École des Hautes études urbaines, future École d’urbanisme de Paris. Ils ont pour objectif de former une nouvelle génération de concepteurs de villes.
Engagé jusqu’à sa mort
En 1936, alors qu’il vient d’être élu sénateur de la Seine (il le restera jusqu’à sa mort), le Front populaire le nomme ministre de la Santé publique. Destitué par Vichy en 1941 pour “hostilité manifeste à l’œuvre de rénovation nationale. Il est arrêté par la Gestapo puis interné à Compiègne avant d’être relâché en raison de son âge, Sellier refuse de déserter son poste de maire et il le restera jusqu’à sa mort en 1943. Lors de ses obsèques au cimetière Carnot et malgré une interdiction de tout rassemblement, une foule est venue rendre un dernier hommage à celui qui fit du progrès son horizon.
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