Guillaume Boudy : « Une ville existe par ses habitants »

Réélu dès le premier tour avec 53,2 % des voix, Guillaume Boudy entame un second mandat à la tête de Suresnes. Entre fierté du travail accompli, goût du terrain et vision pour l’avenir, il revient sur cette victoire et esquisse les grandes lignes du programme des années à venir.

Vous avez été réélu dès le premier tour le 15 mars. Quel souvenir gardez-vous de cette soirée ?

Beaucoup de joie. La joie de se dire qu’on va pouvoir continuer à travailler pour Suresnes. Ce que je retiendrai, c’est le moment où les premiers résultats arrivent. On commence à comprendre que notre liste est en tête, y compris dans des quartiers où nous faisons de moins bons scores d’habitude. Nous sommes arrivés en tête dans les 32 bureaux de vote. Dans une ville où la mixité est une caractéristique forte, cela montre que nous avons réussi à rassembler. Une élection, ce n’est pas un cadeau qui tombe du ciel. C’est du travail. Donc quand le résultat tombe, il y a aussi cette satisfaction de se dire que ce travail est reconnu. La participation est en hausse de 10 points par rapport à 2020.

Y voyez vous un signal positif ?
Oui, bien sûr, même si on ne peut pas se satisfaire du fait que 45% des Suresnois ne se soient pas rendus aux urnes. C’est un défi. Il faut continuer à rendre la vie démocratique plus concrète, plus accessible. Il faut donner envie de s’y intéresser. Parce qu’au fond, Suresnes, c’est la ville des Suresnois. Elle n’existe pas sans eux.

Comment comptez-vous faire ?

En impliquant davantage encore les habitants. En continuant de les associer aux projets, en expliquant ce qu’on fait et pour quoi on le fait. Et puis en leur rappelant quelque chose de simple : une ville, ce n’est pas une société de services. C’est un collectif.

Quelles sont vos priorités pour ce début de mandat ?

Il y a beaucoup de projets déjà engagés qu’il faut mener à bien : terminer les réaménagements de la place Henri IV, du marché Caron, lancer la rénovation de l’avenue Édouard Vaillant, du square Léon Bourgeois, la transformation des berges de Seine. Et le gros morceau: la transformation du centre sportif et nautique et de l’école des Raguidelles. Nous déclinerons notre programme en contrat de mandat, comme en 2020, et on accélèrera là où c’est nécessaire, par exemple la sécurité avec la vidéoverbalisation et des caméras supplémentaires.

Quels sont, selon vous, les grands défis pour Suresnes dans les années à venir ?

D’abord le quotidien : la qualité de vie, la sécurité, les transports, la santé, l’école. Ce sont des attentes très concrètes des habitants, auxquelles il faut répondre tous les jours. Et puis il y a des défis qui nous dépassent mais s’imposent. Les évolutions démographiques, par exemple : moins de naissances, une population qui vieillit. Il faut accompagner les familles, mais aussi permettre aux personnes âgées de rester autonomes le plus longtemps possible. Il y a aussi le défi climatique, on en est tous conscients. Donc il faut adapter la ville, la verdir, désimperméabiliser les sols, mieux gérer l’énergie.

À quoi ressemblerait votre « Suresnes idéale » ?

J’aimerais qu’on continue à dire que c’est une ville où il fait très bon vivre. Une ville avec un côté « province », tout en étant à 10 minutes de Paris. Une ville où l’on peut travailler, avoir une vie culturelle, profiter d’un cadre de vie agréable, avec de la verdure, de la respiration, du ciel.

Comment avez-vous construit votre nouvelle équipe ?

Nous avons cherché un équilibre entre expérience et renouvellement. Nous avons reçu de nombreuses candidatures. Il a fallu faire des choix. Mais aujourd’hui, on a une équipe diverse, représentative de tous les quartiers et très motivée.

Qu’est-ce qui fait sa force ?

D’abord, cet équilibre entre les générations. Et puis une vraie dynamique collective. Nous travaillons en équipe, avec une forme de transmission entre élus expérimentés et nouveaux élus. Et puis surtout, c’est une équipe qui travaille. J’aime bien dire « On travaille sérieusement, sans se prendre au sérieux »

Qu’est-ce qui vous motive encore aujourd’hui à être maire ?

Il y a le projet, bien sûr. Construire quelque chose pour la ville, améliorer le quotidien et préparer l’avenir pour vivre bien à Suresnes. Mais il y a aussi les rencontres. Être maire, c’est croiser énormément de monde, entendre des histoires, des besoins, des parcours. Je le vois très concrètement : quand je passe trois heures sur un marché, ce n’est pas une contrainte. C’est un moment de plaisir. Si j’y reste autant, c’est parce que j’aime discuter avec les gens, comprendre leurs problématiques.

Votre attachement à Suresnes est très personnel…

Oui, parce que j’ai choisi Suresnes il y a plus de vingt ans, sans aucune idée d’y faire de la politique. Je cherchais un endroit pour vivre en famille. Ce qui m’a plu, c’est d’abord la mixité. Cela me rappelait mon village d’origine dans le Sud de la France, cette vie assez simple où les gens se côtoient naturellement. Et puis la ville elle-même : elle est à la fois urbaine et très verte, avec des vues, de la lumière… C’est assez rare si près de Paris. On voit de plus en plus de monde lors des événements municipaux.

Pourquoi cet engouement ?

Parce que nous avons besoin de nous retrouver. On vit dans une société qui pousse plutôt à l’individualisation, mais au fond, les gens ont envie de lien. Quand vous avez 12 500 personnes réunies sur la terrasse du Fécheray pour le concert de la Fête de la musique, ce n’est pas seulement pour la musique. C’est pour partager quelque chose ensemble. Notre rôle, c’est de créer ces moments. Trouver les occasions, les événements, qui donnent envie de sortir, de se retrouver. C’est comme cela que l’on recrée du lien.

Et les jeunes ? Comment les embarquer davantage ?

C’est un vrai sujet. Les 14-25 ans sont souvent un peu dans un angle mort. Il faut leur donner des espaces d’expression. Les Assises de la Jeunesse de l’année dernière l’ont montré : les jeunes veulent s’exprimer. Nous allons pérenniser l’essai avec un Festival des jeunes talents. Et puis il y a tout l’accompagnement vers l’emploi, les stages, l’orientation. Ce n’est pas simple pour eux d’entrer sur le marché du travail aujourd’hui. La sécurité reste un sujet sensible.

Quelle est la situation à Suresnes ?

Globalement, l’insécurité a plutôt diminué ces dernières années, même s’il reste des points de vigilance. Les cambriolages ont baissé d’environ 38 % entre 2022 et 2025. L’autre sujet aujourd’hui, qui n’est pas propre à Suresnes, ce sont les incivilités : la propreté, le respect entre les piétons, les cyclistes et les automobilistes. Donc il faut rappeler les règles, faire respecter le vivre-ensemble. L’espace public appartient à tous. La végétalisation est un impératif et le square Saint-Exupéry en est un bel exemple.

Est-ce un modèle à dupliquer ?

Oui, clairement. Chaque fois qu’on peut créer ou transformer des espaces en lieux de vie plus verts, on le fait. Ça dépend des quartiers, bien sûr. Mais on cherche en permanence des opportunités pour améliorer le cadre de vie, créer des espaces pour les familles, pour les enfants. Prochainement il y aura la coulée verte dans le quartier Écluse-Belvédère puis l’aménagement des berges de Seine dont nous voulons faire une promenade paysagère.

Ambition et finances, comment tenez-vous l’équilibre ?

En deux mandats, pendant lesquels j’étais adjoint aux Finances puis maire, on a réduit la dette de la Ville d’environ 60%. Cela nous redonne des marges pour financer des projets importants, de ceux qu’on ne lance que tous les 30 ou 40 ans, comme la création du centre sportif et aquatique et la rénovation de l’école des Raguidelles, sans augmenter les impôts.

Si vous deviez résumer ce nouveau mandat en trois mots ?

Écoute, participation et travail. Et j’ajouterais : du plaisir aussi. Parce que c’est important d’en avoir dans ce qu’on fait.

 

En savoir plus :

Cap sur les services, les quartiers et le quotidien

Un mandat, trois projets emblématiques

Une ville plus belle, plus verte et plus conviviale

Guillaume Boudy en bref

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