Marguerite Naseau, pionnière de la charité

Considérée comme la première Fille de la Charité, cette jeune vachère de Suresnes apprit seule à lire pour pouvoir instruire les jeunes filles pauvres du village et des environs.

Au début du 17e siècle, sur les coteaux de Suresnes, une jeune fille garde les vaches en rêvant à un avenir auquel rien ne la prédestine. Marguerite Naseau, née en 1594 dans un milieu très humble, n’a qu’une idée en tête : instruire les petites filles des environs. Mais encore faudrait-il qu’elle même sache lire. Alors, elle entreprend seule ce qui relève de l’exploit : apprendre sans maître. Elle se procure un alphabet, interroge patiemment le curé sur quelques lettres à la fois, étudie sans relâche tout en surveillant son troupeau. À force de persévérance et de détermination, elle parvient à lire, puis s’emploie à transmettre ce savoir précieux.

De Suresnes aux villages alentour

Marguerite commence par enseigner aux jeunes filles de Suresnes, avant de prendre la route pour instruire la jeunesse pauvre et rurale des alentours. Son exemple fait naître des vocations : plusieurs compagnes se joignent à elle et diffusent à leur tour l’apprentissage de la lecture de village en village. Son action attire l’attention de saint Vincent de Paul, prêtre profondément engagé auprès des pauvres et futur fondateur de grandes œuvres de charité. Il reconnaît en Marguerite une vocation exceptionnelle, qu’il décrit comme une « inclination du ciel ». Lorsque Marguerite apprend l’existence à Paris de confréries au service des pauvres malades, elle s’y rend aussitôt. Ces groupes de femmes, vivant leur engagement au cœur du monde, donneront en 1633 naissance aux Filles de la Charité, une communauté nouvelle vouée au service concret des plus démunis. Marguerite en incarne l’esprit fondateur avant même que la communauté ne soit officiellement constituée. En 1633, fidèle jusqu’au bout à son engagement, elle meurt de la peste, contractée au chevet d’une jeune malade. Saint Vincent de Paul la considérera comme la première Fille de la Charité. Aujourd’hui, à Suresnes, une place porte son nom et elle apparaît sur les vitraux de l’église du Cœur-Immaculé-de-Marie, située rue de Verdun.

L’Église prête à béatifier la Suresnoise

Véritable sainte locale pour la communauté chrétienne de Suresnes, Marguerite Naseau fait l’objet d’un processus de béatification initié à l’automne 2025 par l’Assemblée plénière des évêques réunis à Lourdes, ce qui marque une avancée importante dans la reconnaissance de son engagement chrétien. La béatification est une étape du processus de canonisation dans l’Église catholique qui reconnaît officiellement qu’une personne a mené une vie de vertu héroïque et l’autorise à être vénérée localement comme bienheureuse.

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