Chaque 18 juin, depuis 1960, la cérémonie nationale commémorant l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et poursuivre le combat se déroule à Suresnes, au mémorial du Mont-Valérien. Pourquoi et comment ce site a-t-il été choisi ?
Mercredi 18 juin, le président de la République sera à Suresnes, comme il l’a été chaque année depuis son élection et comme ses prédécesseurs avant lui, pour commémorer, au cours d’une cérémonie solennelle et au déroulé immuable, l’Appel du 18 juin 1940.
Entre le 17e et le début du 19e siècle, les coteaux du mont Valérien sont occupés par des vignes et son sommet accueille un calvaire religieux, objet de pèlerinages. En 1841, le site est détruit et remplacé par une forteresse militaire, censé protéger la capitale.
La destinée du mont Valérien prend une tournure tragique et sanglante de 1941 à 1944. Pendant l’Occupation, l’autorité allemande en fait le lieu d’exécutions, attaché à la région parisienne, des résistants condamnés à mort par un tribunal militaire, puis des otages désignés en représailles aux attentats commis contre des soldats. Ils seront 1008 à tomber sous les balles.
Dès le 1er novembre 1944, le général de Gaulle, rendant un hommage poignant aux morts de la Résistance, se recueille d’abord dans la clairière du Mont-Valérien. Le 18 juin 1946, il consacre le site au cours d’une cérémonie dédiée à la mémoire des massacrés et fusillés : précédé de 200 compagnons de la Libération, le Général pénètre dans le Fort, avec les porteurs de la flamme. Il confie alors qu’il souhaite que cette cérémonie au Mont-Valérien se renouvelle chaque année.
« La flamme de la Résistance ne s’éteindra pas »
Le 18 juin 1960, le général de Gaulle inaugure le Mémorial de la France combattante. La croix de Lorraine, symbole de la Résistance, en est l’élément principal. À son pied, jaillit une flamme, dont le feu a été prélevé de celle du soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe. À ses côtés, une inscription extraite de l’appel du général de Gaulle, le 18 juin 1940, est gravée : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la Résistance ne s’éteindra pas ».