Présidente du Cercle d’escrime de Suresnes (CES) et bénévole infatigable, cette ancienne ingénieure a fait de la transmission et de l’engagement le fil conducteur de sa vie.
Si Anne Sarrabezolles a accepté de monter sur l’estrade pour recevoir le trophée Elles en Seine en mars 2026, ce n’est pas par goût des honneurs mais pour la portée du geste : « Cette distinction du département des Hauts-de-Seine met en lumière des femmes inspirantes et, surtout, ouvre la porte des collèges pour parler d’égalité. » Un combat nécessaire, selon elle : « Les réseaux sociaux enferment parfois les filles dans des stéréotypes. Mon message : brisez les plafonds de verre ! ».
Adolescente, elle se rêve pilote de ligne. « Mais je n’avais pas une bonne vue, alors j’ai bifurqué vers des études d’ingénieur ». Son premier grand chantier, l’Opéra Bastille, marque ses débuts dans un milieu alors très peu féminisé.
Installée à Suresnes depuis 1995, elle y élève quatre filles et un garçon, aujourd’hui ingénieurs aux quatre coins du monde. C’est par eux qu’elle découvre l’escrime. D’abord mère accompagnatrice, elle s’investit peu à peu dans la vie du club : « En 2002, l’association a eu besoin d’un bénévole. J’ai mis le doigt dedans, et puis le bras et l’épaule sont partis avec ! » Présidente du CES depuis 2008, elle en est aujourd’hui le pilier.
L’escrime pour tous
En 2023, elle crée avec Aymeric Ménard, le maître d’armes du club, une section destinée aux séniors. L’occasion de tester elle-même ces cours pensés pour se remettre en forme de manière ludique : « Je n’étais pas sportive mais, pour faire venir des gens, je me suis dit qu’il fallait donner l’exemple ! ». Le coup de cœur est immédiat : « On s’échauffe, on s’assouplit et à la fin on devient des corsaires, avec le bruit des sabres, schling ! »
Elle lance ensuite des cours dédiés aux femmes opérées d’un cancer du sein, « un espace de reconstruction, à la fois physique et psychologique ». Autre particularité du club : la possibilité de pratiquer l’handi-escrime.
« Vous êtes en situation de handicap et vous cherchez une pratique douce ? Vous pouvez la faire chez nous. »
Aujourd’hui, la sexagénaire se lance à l’assaut des plus jeunes, avec une attention particulière pour les filles, toujours sous-représentées dans la discipline.
Également trésorière du comité handisport des Hauts-de-Seine et membre du Lions Club, elle multiplie les actions de sensibilisation au sport adapté et à la prévention santé. Toujours avec la même ligne directrice : agir, transmettre et continuer à briser les plafonds de verre.
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Cercle d’Escrime Suresnois, centre sportif du Belvédère, 65 bis rue Gambetta
ces@ces.asso.fr