Maryna Smolianinov : de Minsk à Suresnes

Ses premières images de la France lui viennent de Clermont Ferrand où Maryna se rend alors régulièrement pour préparer un Master Economie et Gestion des petites entreprises, dans le cadre d’une coopération entre universités françaises et biélorusses. En parallèle, elle décroche à Minsk, un Master en économie internationale. “J’ai alors commencé à travailler, avant de rencontrer mon futur mari, sur Internet. Il était Français….et biélorusse ! “

Une histoire de famille 

Alexandre, Suresnois, doit en effet sa nationalité à son grand-père, venu travailler dans les mines, à Douai, avant d’intégrer la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Emprisonné par les Allemands, libéré par les Américains, il cède aux sirènes de la propagande soviétique, qui incitait ses ressortissants à revenir en URSS, leur faisant miroiter une vie de rêve. “Il est parti avec ses enfants, dont ma mère, qui étaient Français, car nés ici. A leur arrivée , tous les passagers de la première classe du bateau ont été fusillés.”. Sur place, loin de l’Eldorado attendu, c’est la famine et l’interdiction de quitter le pays. Un oncle d’Alexandre tentera bien de récupérer son passeport français. Mais il sera arrêté pour espionnage et envoyé dans un camp.  La famille gardera ainsi une ” nationalité dormante” jusqu’en 1988, avant de revenir en France en 1991.

Une nouvelle vie française 

En 2017, Alexandre retourne en Biélorussie pour retrouver sa dulcinée, avant de l’inviter à Suresnes. Plusieurs mois plus tard, Maryna décide de reprendre des études en France, afin de se lancer dans la vie à deux, appartement de la Cité-jardin. En 2019, elle obtient un Master 2 Banque, Finance et Assurance et épouse Alexandre. Désormais maman d’un petit Christophe, âgé de 3 ans, elle n’a pas pu retourner en Biélorussie depuis le Covid et l’arrivée au pouvoir d’Alexandre Loukachenko. “Il a interdit les vols directs. C’est plus compliqué pour y aller et, avec la guerre, les contrôles sont plus stricts. Ma grand-mère et mes tantes me manquent, mais mes parents viennent deux fois par an. La France m’a donné la possibilité de construire une carrière et une famille. Avec la nationalité, je peux aussi voter. C’est important, car mon fils va pouvoir construire sa vie ici “.

 

 

 

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