À la tête des trois classes orchestre de Suresnes, cette trompettiste accompagne des collégiens qui, pour la plupart, n’avaient jamais eu d’instrument entre les mains. Le 3 juillet, leur travail a trouvé une scène à la hauteur de leur engagement : l’auditorium de Radio France.
L’histoire de Gaëlle Pillot avec la trompette commence à l’âge de 9 ans, au conservatoire de Saint-Denis (93), la ville où elle a grandi. « J’ai été naturellement attirée par cet instrument », sourit- elle. Elle poursuit son parcours au Conservatoire à rayonnement régional de Paris, puis rejoint la Musique de la gendarmerie mobile, où elle reste cinq ans. Entre cérémonies officielles et concerts à travers la France, un souvenir reste gravé : le ravivage de la flamme du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe, où elle joue en duo avec un tambour. « Être là, dans ce lieu chargé de mémoire, était une expérience très forte. »
Entraide et émulation
En 2014, Gaëlle Pillot arrive à Suresnes dans le cadre du dispositif Orchestre à l’école. Aujourd’hui, elle dirige les trois classes orchestre du collège Henri Sellier, qui réunissent huit professeurs, tout en enseignant la trompette à l’École des Arts. De la 6e à la 4e, les élèves, pour certains éloignés de la culture, s’engagent pendant trois ans dans cette aventure musicale exigeante. « Ils progressent tous ensemble dans un esprit d’émulation et d’entraide, et trouvent peu à peu leur place dans le collectif », explique-t-elle.
À l’unisson sur scène
Cette année, la classe orchestre de Suresnes a été sélectionnée, avec celle de Montaigu en Vendée, parmi 1 600 orchestres en France, pour participer à un projet exceptionnel avec l’Orchestre philharmonique de Radio France. Pendant plusieurs mois, les jeunes musiciens ont notamment travaillé une œuvre originale du compositeur Dimitri Soudoplatoff, écrite spécialement pour eux. «C’est une musique très imagée, qui fait traverser plusieurs émotions et plusieurs univers. Pour les élèves, c’est un véritable défi artistique», raconte Gaëlle Pillot. Après des stages aux côtés des musiciens de Radio France, des échanges avec les collégiens vendéens et plusieurs journées de répétitions intensives début juillet, les élèves ont vécu le point d’orgue de cette aventure : la création mondiale de cette œuvre sur la scène du grand auditorium. Ce soir-là, élèves et professionnels ont
formé un seul orchestre. C’est là la plus grande fierté de Gaëlle Pillot : avoir transformé des apprentis musiciens en un collectif capable, le temps d’une partition, de jouer à l’unisson.