En 1917, Marcel Dassault, de son vrai nom Marcel Ferdinand Bloch, fonda la société d’Études Aéronautiques avec Henry Potez, qu’ils décidèrent d’installer au 1, rue Curie à Suresnes.
C’est dans ces locaux que naquit l’avion SEA 4, un biplace de combat commandé en nombre entre 1917 et 1918 par le ministère de l’Armement et des Fabrications de guerre. Si les locaux de Dassault n’étaient donc pas exactement installés sur le quai qui porte aujourd’hui son nom, d’autres industriels célèbres du secteur de l’aéronautique y ont bel et bien posé bagages.
Parmi eux, Louis Blériot. Premier homme à survoler la Manche en solitaire en 1909,
il racheta en 1914 la Société pour les appareils Deperdussin. L’arrivée de la Première Guerre mondiale fit croître le nombre de commandes. On estime aujourd’hui que près de 10 % des avions de combats utilisés par la France lors du conflit y furent construits.
Rapidement, la place vint donc à manquer dans les petites usines d’origine et l’entreprise s’envola en 1915 pour les quais suresnois, où elle prospéra jusqu’à la fin du 20e siècle.
Lorsque Blériot quitta Suresnes, le quai ne perdit pas pour autant son ADN. En 2002, l’ancien bâtiment fût investi par le groupe Airbus, qui y installa des bureaux dans lesquels plus de 600 salariés se rendaient alors chaque jour, jusqu’à la fermeture des locaux en 2018. Durant deux ans, le site connut d’importants travaux de rénovation, afin d’accueillir l’école de commerce SKEMA et sa résidence étudiante, en septembre 2021.
Mais pourquoi le quai Marcel Dassault, alors ? Peut-être parce que depuis 1938, mais côté Saint-Cloud, se trouve l’un des sites historiques de Dassault Aviation, rue Louis Blériot. À ne pas confondre avec les bureaux de Dassault Systemes, situés dans la même rue, côté Suresnes.