En mai, le Suresnois Gilles Reix a présenté son deuxième livre, Parmi les morts, à la librairie Lu&Cie. Paru en janvier 2025, l’ouvrage retrace les moments marquants de sa carrière dans la police scientifique. Rencontre avec cet ancien technicien de scènes de crimes devenu écrivain.
En 2015, la France est frappée par une succession de terribles événements : les attentats du Bataclan, de Charlie Hebdo et de Nice, et le crash de l’A320 Germanwings dans les Alpes. Gilles Reix, technicien de scènes de crimes pour la police scientifique et technique, est envoyé sur place afin de tenter d’identifier des centaines de corps. Dix ans plus tard, il raconte ces épisodes par le prisme de son expérience dans
Parmi les morts. Il y dévoile les coulisses d’un métier peu connu du grand public, et met en lumière l’importance du travail d’investigation. « Nous relevons les indices, qui peuvent être des armes, des tâches, des empreintes, des traces de pas… Nous cartographions le lieu, pour comprendre les circonstances du drame », témoigne-t-il.
Redonner un nom aux victimes
La mission de ces experts est aussi de réattribuer un nom aux victimes. « C’est un travail fastidieux, elles peuvent être nombreuses, parfois difficiles à reconnaître. Ou ce sont les papiers d’identité que l’on ne retrouve pas… explique l’écrivain. Pendant tout le processus d’identification, nous sommes en contact avec les familles qui attendent de savoir si leurs proches sont en vie. Dans ce genre de moments, il est parfois plus facile d’interroger les morts que de communiquer avec les vivants. Mais avec l’expérience et le soutien du psychologue à notre disposition, on apprend à prendre du recul ».
Faire évoluer la recherche
L’ouvrage est aussi un témoignage pour les futurs membres de la police scientifique. « La transmission est importante. Surtout concernant de tels événements. Ils sont tragiques, mais probablement amenés à se reproduire, et laisser une trace permet de préparer nos successeurs à ce qui les attend », explique Gilles Reix. « Alphonse Bertillon, criminologue pionnier de la discipline, a énormément documenté son travail entre le 19e et le début du 20e siècle. Ses écrits ont permis l’évolution du métier, et ce livre est ma façon d’y contribuer à mon tour ! », conclut-il.