Commémoration du 11 novembre 2020 : Message de Guillaume Boudy

french France flag floats in the wind

Retrouvez ci-dessous le message de Guillaume Boudy, Maire de Suresnes, à l’occasion du cent-deuxième anniversaire de l’armistice signé le 11 novembre 1918.

11 novembre 2020

La France commémore aujourd’hui le cent-deuxième anniversaire de l’armistice signé le 11 novembre 1918, à Rethondes, en forêt de Compiègne, qui mettait fin à la Première Guerre mondiale.

Les contraintes sanitaires encadrant les commémorations ont limité la participation et les interventions lors de la cérémonie qui se tient aujourd’hui à Suresnes, mais je tenais à partager avec tous le souvenir de ce jour historique et le sens qu’il prend aujourd’hui.

Le 11 novembre 1918 la sonnerie du clairon qui annonce le cessez le feu sur le front est porteuse, d’abord, du soulagement de ceux qui échappent à l’étreinte d’une mort annoncée.

La nouvelle en se répandant va susciter la liesse et faire naître une immense espérance, celle du retour prochain des êtres chers : des époux, des pères, des fils, des frères.

Mais cette délivrance va vite s’effacer sous le poids du deuil, du calvaire des mutilés et face à l’immensité des destructions.

Les pertes humaines de cette première guerre mondiale dépassent 18 millions de morts. Elle a laissé 3 millions de veuves et 6 millions d’orphelins. En France, champ de bataille principal de ce conflit, elle a fait 1.450.000 morts – soit 10% de la population active-, 4 millions de blessés dont 1 million d’invalides permanents. Notre pays est victorieux mais durablement affaibli et doit mener un chantier titanesque de reconstruction.

A ce bilan il faut ajouter les 20 à 50 millions de victimes de la pandémie de grippe espagnole en 1918-1919, qui prend rétrospectivement une dimension particulière dans le contexte sanitaire que nous traversons aujourd’hui.

C’est parce qu’une large partie du territoire fut meurtrie à jamais par les destructions, parce qu’aucun village, aucune ville, aucune famille, ne fut épargnée par le deuil et la douleur, que cette guerre a marqué à jamais notre conscience nationale.

A plus d’un siècle de distance, notre devoir demeure, plus que jamais, d’en prendre toute la mesure, d’en partager le souvenir et d’en tirer les leçons pour notre temps. C’est le sens de la commémoration qui nous réunit aujourd’hui.

Nous célébrons la victoire d’un pays uni pour la défense de la patrie et de la République, dont les soldats, de convictions diverses voire antagonistes et de conditions sociales disparates, se sentaient unis dans une communauté de destin et de valeurs, pour faire face ensemble au danger. Bel exemple qui nous invite à l’unité et la concorde.

L’histoire nous engage : nous sommes légataires du sacrifice des poilus de 14-18, comme de celui des combattants et résistants de 39-45, tombés pour la défense d’un idéal démocratique.

Leur souvenir nous oblige : nous devons transmettre et partager une mémoire collective et un sens du commun sans lesquels il n’est pas de solidarité ni de fraternité possible.

« La force de la cité ne réside ni dans ses remparts, ni dans ses vaisseaux, mais dans le caractère de ses citoyens » formulait déjà l’historien athénien Thucydide.

Les sauvages attaques terroristes qui nous frappent sans répit rappellent qu’il n’y a jamais de « der des der » pour la liberté. Il n’y en a pas eu en 1918, ni en 1945, ni même après l’effondrement du bloc soviétique en 1989. Nous avons peut-être trop tenu pour acquis que ces victoires des démocraties s’étaient définitivement inscrites dans l’Histoire.

Nous faisons face aujourd’hui à la menace mondiale d’un totalitarisme islamiste qui frappe, sans distinction de pays ou de croyances, tous ceux qui défendent la tolérance et le respect mutuels.

Nous subissons ce choc, affaiblis par la progression des diverses formes de défiance envers nos institutions démocratiques, par des manifestations croissantes de rejet des valeurs républicaines et par des menées culpabilisatrices qui travestissent notre histoire.

Cette période troublée nous oblige donc d’abord à une forme de réarmement moral pour retrouver la résolution de nos aînés et partager sans distinction de convictions, de croyances ou d’origines, une fierté d’être Français.

Nos ennemis font le pari qu’une accoutumance à l’horreur diffuse un sentiment d’impuissance et de découragement.

Notre résistance doit être individuelle et collective.

Face à une idéologie qui arme les assassins et cible la liberté de croire, de prier, de s’exprimer ou d’enseigner, l’union autour de nos valeurs ne peut souffrir d’aucun accommodement.

Céder sur une seule de nos libertés annoncerait immanquablement le renoncement à toutes.

Nous devons ainsi rappeler que la liberté de croyance, de conscience et d’expression n’est pas qu’une valeur abstraite : elle a été le moteur du progrès économique et social et est porteuse d’une promesse universelle d’émancipation pour toutes et tous.

L’adhésion inconditionnelle au pacte républicain, à l’héritage des Lumières, à la laïcité, conditionne donc aussi la pérennité des mécanismes de solidarité, d’ouverture et d’accueil que nous avons su construire.

Je citerai pour conclure une autre grande figure de la Grèce antique, Périclès, pour qui «il n’y a pas de bonheur sans liberté et pas de liberté sans vaillance ».

Chacun en France a aujourd’hui sa place dans ce combat pour défendre cet idéal qui est l’héritage de ceux que nous honorons aujourd’hui.

Vive la République !

Vive la France !

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