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La Mixité

Obligatoire dans le public depuis 1976, la mixité permet aux filles et aux garçons d’apprendre à se connaitre.

Suzanne Tilmont, 88 ans et Mathilde

Mathilde : Quel âge avez-vous et avez-vous été mariée ?
Suzanne Tilmont : J’ai 88 ans et je n’ai jamais été mariée. J’étais mère célibataire.

M. : Avez-vous eu un métier ?
S. T. : Oui, j’étais sténodactylo. J’ai travaillé pour Guinard et Dassault.

M. : Quelle avancée concernant le droit des femmes vous a le plus marquée ? Connaissez-vous des gens qui n’étaient pas pour cette avancée ?
S. T. : Le droit de vote était, sans hésiter, une très bonne chose. Je ne connaissais personne qui y était opposé. Je me souviens, au contraire, que les femmes de mon entourage étaient fières et très heureuses d’aller voter.

M. : Que pensez-vous de la mixité dans l’enseignement ?
S. T. : Elle est obligatoire dans le public depuis 1976 et elle permet aux filles et aux garçons d’apprendre à se connaitre. Qu’ils grandissent ensemble permet de réduire le clivage entre les hommes et les femmes dans les milieux professionnels.

M. : Et au travail, comment ça se passait ? Y avait-il des inégalités ?
S. T. : Dans mon travail, une sorte de routine s’est très vite installée. Je ne m’y plaisais pas parce que je n’y apprenais rien. L’ennui c’est qu’on ne m’aurait pas permis d’évoluer. De plus, j’avais un chef de service qui n’aimait pas les femmes. Tous les jours ils les insultaient. Une fois, alors qu’il avait un peu trop bu, je lui ai dit « j’espère que votre femme ne vous trouvera pas dans cet état-là » Il m’a répondu que je n’aurais pas d’augmentation. De toute façon, il ne m’en a jamais donné. (rires) Je n’ai pas eu beaucoup de chefs qui ont eu de l’indulgence. J’ai subi de l’injustice. Quand je suis partie chez Dassault, la personne qui m’a remplacée est partie à la direction pour dire qu’elle subissait de l’injustice.

M. : Comment étaient réparties les tâches ménagères entre vos parents ?
S. T. : Ma mère ne travaillait pas, elle faisait toutes les tâches ménagères, comme moi aujourd’hui, je fais tout.

M. : Est-ce que vos enfants aidaient aux tâches ménagères ?
S. T. : Je ne vois pas pourquoi mon fils m’aurait aidée aux tâches ménagères. Mais maintenant qu’il est adulte, il en fait pas mal chez lui.

M. : Comment faisiez-vous pour faire garder votre enfant ?
S. T. : Pour faire garder mon fils, j’ai pris une personne que je connaissais bien, en qui j’avais confiance. Comme je vivais chez mes parents, il m’était possible de la financer.

M. : Que pensez-vous de la libre circulation de la contraception ?
S. T. : La contraception c’est une très bonne chose, mais il y a un inconvénient pour la santé. A l’époque, il fallait se débrouiller, comme l’IVG n’était pas légal.

M. : Pensez-vous que la vie des jeunes femmes d’aujourd’hui soit plus enviable ?
S. T. : Oui, c’est mieux, il y a eu une évolution positive. La femme a sa place maintenant et elle se défend. Mais la vie aujourd’hui est plus compliquée, avec le chômage et la situation économique.

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