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L’égalité professionnelle

Dans le monde professionnel, les femmes avaient plutôt les tâches subalternes alors que les hommes avaient les fonctions d’encadrement.

Simone Fouque, 87 ans, Awatif et Julia

Julia : Quel âge avez-vous ?
Simone Fouque : j’ai 87 ans, je suis née en 1927.

J. : Avez-vous été mariée ?
S. F. : Oui, une première fois en 1958. J’ai eu un fils. J’ai perdu mon mari. Puis, je me suis remariée en 1968 et j’ai eu une fille.

Awatif : Quels sont les droits qui vous ont le plus marquée ?
S. F. : L’IVG m’a beaucoup perturbée car cela contrarie mon éducation. La contraception m’a aussi marquée. Je l’ai mal perçue au début car j’ai été élevée dans un milieu avec des valeurs qui sont en contradiction avec cette idée. Finalement, je l’ai peu à peu acceptée en comprenant que certaines femmes peuvent ne pas vouloir plus d’enfants. Mais cette idée continue à me faire mal. Le droit de vote m’a également beaucoup marquée. Maintenant, j’entends beaucoup parler de l’égalité au niveau professionnel et je trouve ça très bien. Mais les grossesses et la maternité sont des choses qui contribuent à handicaper les femmes dans le monde du travail.

J. : Vous souvenez-vous de la première fois que les femmes ont voté ?
S. F. : Je me souviens très bien de Mme de Gaulle allant voter. Je me souviens aussi du moment où j’ai reçu ma première carte d’électeur et de me dire « ça y est, c’est officiel! » C’est important que les femmes s’expriment, surtout quand elles ont un avis différent. On voit bien que le vote des femmes exprimait une fibre plus sociale quand les hommes, eux s’intéressaient surtout aux aspects économiques.

Aw. : Avez-vous été femme au foyer ?
S. F. : Non, j’ai eu trois carrières différentes : dans le notariat, le médical et j’ai travaillé pour un organisme international. Je n’ai jamais arrêté de travailler, juste 15 jours pour la naissance de mon premier enfant et 30 jours pour celle du second ; j’ai d’ailleurs travaillé jusqu’à 65 ans.

Aw. : Pour votre travail, avez-vous eu à faire des sacrifices ?
S. F. : Oui j’en ai fait beaucoup ! Et dans tous les domaines. Mon premier mari a longtemps été hospitalisé, j’ai donc dû m’occuper seule de tout ce qui touchait le foyer, en plus de mon travail. Quant à mon second mari, il se consacrait uniquement à sa vie professionnelle. Et dans mon milieu professionnel, dans l’Étude dans laquelle je travaillais, les femmes avaient plutôt les tâches subalternes alors que les hommes avaient les fonctions d’encadrement.

J. : Est-ce que votre mari vous soutenait ?
S. F. : Mon mari ne me soutenait pas dans mon travail ; c’était un homme très cultivé et docteur en droit. Il a eu du mal à s’adapter à son équipe de travail car il a débuté tard avec des collègues qui avaient moins de diplômes et plus d’expériences. De ce fait, c’est plutôt moi qui l’ai aidé et soutenu dans sa vie professionnelle.

J. : Et concernant l’égalité au sein du couple ?
S. F. : Dans notre couple nous discutions de tous les sujets pour avoir une décision commune. Mais en 1965 à 38 ans, entre mes deux mariages, j’ai acheté un appartement. Pour pouvoir le conserver et garder mon indépendance financière, j’ai choisi le régime de la séparation des biens quand je me suis remariée.

Aw. : Comment répartissiez-vous les tâches ménagères ?
S. F. : Je m’occupais de tout, de la maison, du mari, des enfants, du chien….Mais je vois aujourd’hui que la situation familiale de mes enfants sur ce point est très différente puisque les hommes participent aux tâches domestiques et à l’éducation des enfants. Par exemple en se levant la nuit pour s’occuper des enfants.

J. : Comme vous travailliez, comment avez-vous fait garder vos enfants ?
S. F. : Quand les enfants étaient petits, je faisais appel à des nourrices. En grandissant, ils allaient après l’école chez une voisine et le jeudi ils faisaient des activités manuelles au Centre des Landes. Et à la maison mes enfants m’ont toujours aidée aux tâches ménagères.

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