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Des lois pour les femmes par les femmes

Comme il n’y avait pas de femmes à l’assemblée, les hommes faisaient les lois concernant les femmes, à la place des femmes.

Madeleine Jouffre, 83 ans et Arthur

Arthur : Quel âge avez-vous ?
Madeleine Jouffre : J’ai 83 ans, je suis née en 1931.

A. : Quelles avancées du droit des femmes vous a le plus marquée ?
M. J. : Je pense que le droit de vote a été une avancée très importante pour les droits des femmes. J’étais fière de voter et je ne votais pas comme mon mari.

A. : Avez-vous fait des études ?
M. J. : Malheureusement je n’ai pas continué mes études aussi longtemps que je l’aurais souhaité. J’ai passé mon certificat d’études puis j’ai pris des cours de dactylographie et de comptabilité et j’ai tout de suite commencé à travailler.

A. : Avez-vous été mère au foyer ?
M. J. : Dès la naissance de ma première fille, j’ai arrêté de travailler, car mon mari et moi-même souhaitions qu’elle soit élevée par ses parents. Comme il n’y avait pas de crèche, je n’ai pas pu continuer à travailler. Pour nous c’était réellement notre choix que je devienne mère au foyer.

A. : Comment avez-vous été affectée par les réformes sur la mixité à l’école ?
M. J. : Indirectement : ma fille aînée était dans une école non-mixte à Édouard Vaillant, par contre la dernière est allée à l’école mixte. Mais cela ne nous a pas affectés. L’essentiel était l’instruction qu’elles ont toutes les deux reçue. Pour l’éducation mixte, nous avons laissé les enfants jouer comme ils en avaient envie. Par exemple, une de mes filles jouait aux petites voitures et aux petits trains avec son grand frère.

A. : Comment avez-vous accueilli la libre circulation de la contraception ?
M. J. : C’est une très bonne chose ! De mon côté, j’ai toujours conseillé à mes filles d’utiliser une contraception pour avoir des enfants quand elles le désireraient. C’est très important pour les femmes. Concernant la loi Veil de 1975, heureusement que les hommes ont fini par être d’accord, car il n’y avait que des hommes à l’Assemblée Nationale. Les hommes faisaient les lois concernant les femmes, à la place des femmes.

A. : Comment étaient réparties les tâches ménagères ?
M. J. : Je m’occupais de presque toutes les tâches ménagères, mais mon mari m’aidait chaque semaine pour aller au marché. Les enfants n’aidaient pas vraiment aux tâches ménagères, sauf mon fils qui était plus ordonné que mes filles et qui est resté un maniaque du rangement !

A. : Que pensez-vous du mouvement pour les droits des femmes ?
M. J. : Quand j’étais jeune, chez mes parents, on ne parlait pas des suffragettes ni des droits des femmes en général. À l’époque, et même plus tard, il n’y avait pas beaucoup de femmes qui militaient, mais c’était dommage parce qu’il ne faut pas que ce soit toujours les hommes qui fassent les lois. Qu’est-ce qu’ils y connaissent aux problèmes des femmes ? L’avancée qui reste à faire, je trouve, c’est une plus grande représentation des femmes parmi les élus, à tous les niveaux.

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