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A Suresnes, la Tunisie construit sa démocratie sociale

La Tunisie va adapter le modèle de dialogue social de la ville de Suresnes à son propre secteur public. A l’issue d’un voyage de 3 jours (28, 29 et 30 avril) effectué à Suresnes par une délégation de hauts fonctionnaires tunisiens un partenariat de coopération a été conclu avec la Ville.

Vous pouvez écouter l'interview de Mme De Lavalette, diffusée les 17 et 18 mai 2014 sur Radio Orient, sur ce partenariat entre la Ville de Suresnes et l'Etat tunisien en faveur du dialogue social.

 

Conduite par Nizar Ben Sghaier, conseiller pour le dialogue social à la présidence du Gouvernement de Tunisie la délégation à laquelle participait Hfaiedh Hfaiedh, secrétaire général adjoint chargé de la fonction publique de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) - principal syndicat tunisien ayant joué un rôle très actif dans la révolution − s’est rendue à Suresnes du 28 au 30 avril dans le but de s'inspirer de la politique exemplaire de dialogue social menée par la ville.

Ces hauts responsables, parmi lesquels Sami Ben Romdhane, directeur général de la fonction publique tunisienne, Abdenacer Ben Hmida, chef de l’autorité de tutelle des entreprises publiques, et Habib Toumi, directeur général chargé du suivi de l’organisation des entreprises publiques, souhaitaient en effet consolider le processus engagé par l’administration tunisienne dans le cadre de la construction de leur démocratie sociale.

Reçus par Christian Dupuy, Maire de Suresnes, Vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine et Béatrice de Lavalette, adjointe au maire déléguée aux Ressources humaines et au Dialogue social, conseillère régionale d’Ile-de-France, ils se sont vu présenter en détail la « Charte de reconnaissance du parcours syndical ».

Mise en place par la ville à l’initiative de Béatrice de Lavalette, et signée le 20 octobre 2009 avec les trois organisations représentatives du personnel (CGT, FO et CFDT), cette charte constitue la pierre angulaire de la démarche et reste, à ce jour, unique en son genre dans le secteur public. Gilles de Robien, ambassadeur chargé de promouvoir la cohésion sociale, délégué du gouvernement français au conseil d’administration du BIT, ainsi qu’un représentant du ministère du Travail étaient associés aux rencontres qui se sont succédées durant trois jours.

Point d’orgue de ces journées, un projet d’accord de partenariat entre la Ville de Suresnes et la présidence du gouvernement de Tunisie a été entériné, en vue de permettre le développement du dialogue social au sein de la fonction publique et des entreprises publiques tunisiennes, et de constituer, plus largement, un réseau de partage de connaissances et d’échange de bonnes pratiques en matière de dialogue social.

L’accord vise à s’appuyer sur la Charte et sur les cinq années d’expérience de terrain de la collectivité en ce domaine, pour adapter cette démarche au secteur public tunisien et constituer un réseau d’échange de bonnes pratiques.
La Ville de Suresnes s’y engage notamment à apporter son savoir-faire en matière de relations sociales, afin d’accompagner le gouvernement tunisien dans le développement d’un dialogue social efficace et harmonieux. Cet engagement se concrétisera par un appui technique de la partie française qui, en retour, tirera profit des résultats de l’expérimentation tunisienne pour affiner davantage son expertise en ce domaine.

Ainsi qu’en ont témoigné d’une même voix les secrétaires généraux des syndicats CGT, FO et CFDT de la Ville associés à cette rencontre, la Charte de Suresnes est à la fois un engagement formel et un « état d’esprit » qui préside, au quotidien, à tous les dossiers ayant un impact sur les conditions de travail du personnel.

« Comme on parle du modèle allemand en matière économique, il me semble évident qu’il existe aujourd’hui un véritable modèle suresnois de dialogue social » a noté Nizar Ben Sghaier, en soulignant les 4 points qu’il considérait comme essentiels dans l’exemple suresnois :
- l’engagement politique très fort des élus, et notamment celui du maire et de son adjointe aux Ressources humaines ;
- l’implication citoyenne et responsable des représentants syndicaux et leur participation active dans le processus au quotidien ;
- l’intégration de la fonction syndicale dans la démarche managériale ;
- l’esprit de partage, de confiance et de transparence entre tous les acteurs du dialogue social (élus, représentants syndicaux, direction générale et cadres de proximité).

Afin d’enrichir la réflexion de ses hôtes, la Ville avait également inscrit à leur programme plusieurs « temps forts » parisiens : visite du Sénat à l’invitation de Hervé Marseille, sénateur-maire de Meudon, où ils ont pu également s’entretenir avec Isabelle Debré sénatrice des Hauts-de-Seine ; rencontres avec Annie Podeur, secrétaire générale du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et Christian Leroux, directeur de cabinet du président Jean-Paul Delevoye, qui furent autant d’occasions d’échanges instructifs à l’heure où le gouvernement tunisien s’apprête précisément à réformer son propre Conseil économique et social.

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