29 avril 1945 : le suffrage devient vraiment universel

Premier vote des femmes. France, avril 1945. Photo d'Albert Harlingue - Roger Harlingue

Les femmes votent pour la première fois, lors d’une élection municipale historique. Le suffrage universel, institué en 1848, prend alors tout son sens.

Ce jour-là, 12 millions de Françaises glissent un bulletin dans les urnes. Elles sont alors parmi les dernières femmes d’Europe à accéder au droit de vote. Un an plus tôt, le 21 avril 1944, une ordonnance du général de Gaulle leur accordait ce droit pour lequel elles s’étaient battues depuis plus d’un siècle. Le droit de vote des femmes est l’achèvement d’une bataille portée par plusieurs générations de féministes. Olympe de Gouges l’avait réclamé dès la Révolution. Vers le milieu du 19e siècle puis, surtout, à partir du début du 20e siècle, cette aspiration est portée par un nombre croissant de femmes.

Privées de droits comme les enfants

Pour mémoire, le Code civil de 1804 adopté par Napoléon avait fait des femmes des mineures civiles en les privant de droits juridiques. Elles étaient non seulement exclues des droits politiques mais également interdites d’aller au lycée ou à l’université, de signer un contrat, de gérer des biens, de voyager à l’étranger ou de travailler sans l’autorisation de leur père ou de leur mari. Celles qui avaient un emploi n’avaient pas le droit de toucher leur salaire. Il faudra attendre une loi de 1965 pour que les femmes mariées soient autorisées à travailler, à ouvrir un compte et à signer des chèques sans demander l’accord de leur époux !

Les femmes votent et sont élues !

Le 13 mai 1945, à l’occasion du second tour des municipales à Suresnes, les 30 membres du conseil municipal sont élus. Parmi eux, sept femmes : Marcelle Hertzog-Cachin, Henriette Roussy, Élise Carré, Louise Bourdenet, Marguerite Platiau, Blanche Rebourcet et Louise Lavillaureix. Ces premières élues de l’histoire de Suresnes étaient médecins, employées, ménagères, dactylos, couturières.

Marcelle Hertzog-Cachin (1911-1998) est la plus connue. Médecin sur un bateau de réfugiés espagnols qui fuient la dictature franquiste en 1939 pour le Chili, elle est arrêtée à son retour en France, fin 1940. Libérée, elle exerce son activité de médecin de campagne dans la clandestinité jusqu’à la Libération. Elle installe alors son cabinet à Suresnes.

Militante de l’Union des femmes françaises (UFF), Marcelle Hertzog-Cachin est élue conseillère municipale de Suresnes de 1945 à 1951, puis députée de la Seine de 1946 à 1951. Fille de Marcel Cachin, directeur de l’Humanité de 1918 à sa mort, en 1959, elle lui a consacré une biographie.

Suresnes en chiffre en 1945 :

  • 30 642 Habitants à Suresnes en 1945 (48 932 aujourd’hui)
  • 17 684 Inscrits sur les listes électorales en 1945
  • 9 631 Femmes présentes pour la première fois sur les listes électorales en 1945
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