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Les violences envers les femmes

J’ai rencontré des femmes victimes de violences à travers mon métier. Elles étaient culpabilisées et n’étaient pas protégées par la loi. Naturellement, par peur, elles gardaient le silence.

Annie Prévost, 68 ans et Célia

Célia : Quel âge avez-vous ?
Annie Prévost : 68 ans, je suis née en 1946.

C. : Quelle avancée pour le droit des femmes vous a le plus marquée ?
A. P. : Pour moi, mai 68 a été un réel tournant. Jusque-là, les femmes n’avaient pas beaucoup de droits - celui de voter seulement. Mai 68 leur a donné le droit à la parole et ainsi a pu inciter aux différentes réformes et aux différentes lois pour l’égalité. Comme l’égalité de représentation politique, l’avortement, les droits concernant le travail. Bien qu’il y ait eu des grèves et que le pays ait été bloqué, c’était un mouvement philosophique et non violent. L’avortement, la contraception, sont aussi des droits qui ont marqué ma jeunesse.

C. : Et à propos du droit de vote ?
A. P. : Quand il a été accordé, je n’étais pas née. Mais, quand je suis allée voter pour la première fois, ce fut avec une très grande émotion. Je pense qu’il est très important de voter, et je n’ai jamais manqué à mon devoir. Les femmes se sont battues pour obtenir le droit de vote, maintenant que nous l’avons il faut s’exprimer quelles que soient les conditions. Le travail apporte l’émancipation et la reconnaissance. Dans ma famille, toutes les femmes travaillaient et les hommes trouvaient tout à fait normal qu’elles aient les mêmes droits qu’eux. Ma mère a travaillé toute sa vie, c’était une femme d’action. Le vote était quelque chose d’assez personnel et on n’en parlait pas. Par contre, je parlais politique tous les matins avec mon père. C’était ma grande passion.

C. : Vous avez pu choisir les études que vous souhaitiez ? Et avez-vous pu les continuer aussi longtemps que vous le souhaitiez ?
A. P. : Oui, j’ai fait des études de psychologie après le bac et j’ai eu mon diplôme en 1969. J’ai même repris mes études en 1991 en histoire à la Sorbonne. Je suis devenue éducatrice spécialisée pendant 5 ans. Je voulais travailler avec des enfants handicapés et je l’ai fait.

C. : Avez-vous été femme au foyer ?
A. P. : Non, je n’aurais pas pu. Je n’avais pas envie de rester chez moi. En fait, mon médecin m’avait prévenu que j’aurais des difficultés à tomber enceinte. Quand j’ai voulu avoir un enfant j’ai dû faire deux ans de traitements. Donc j’ai imaginé le mariage sans enfant et je ne me voyais pas rester à la maison sans enfant. J’ai tout de suite travaillé. Je me suis arrêtée un an après avoir quitté mon emploi d’éducatrice spécialisée mais j’ai très vite repris le travail.

C. : Et vous disiez que le droit à la contraception vous avait marqué ?
A. P. : Oui. Il y a des femmes qui sont faites pour avoir des enfants et des femmes qui sont faites pour travailler. Donc pour les femmes qui travaillent, c’est extrêmement important de pouvoir utiliser un moyen de contraception. C’est important que les femmes aient la liberté de choix.

C. : Et concernant les violences faites aux femmes, en avez-vous été témoin ?
A. P. : J’ai rencontré des femmes victimes de violences à travers mon métier. Elles étaient culpabilisées et n’étaient pas protégées par la loi. Naturellement, par peur, elles gardaient le silence. C’est quelque chose qui restait au sein de la famille et malheureusement il y a des femmes qui sont très attachées à leur mari et qui ne veulent pas appeler à police.

C. : Avez-vous fait partie du mouvement pour le droit des femmes ?
A. P. : Non, mais j’ai été franc-maçonne pendant 20 ans. J’étais dans une loge féminine. C’était une démarche philosophique de ma part. Dans ma loge, il y avait vraiment de tout, et beaucoup de femmes extraordinaires. J’ai rencontré plein de grandes féministes et les thèmes sur lesquels nous travaillions ont vraiment enrichi ma vision des choses. Vous savez, à travers mon premier métier, j’ai rencontré des personnes qui vivaient dans la pénibilité d’être femme. Une femme qui doit élever seule un enfant handicapé vit une vie très difficile. Il faut se concentrer sur ces problèmes de sociétés.

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