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En direct de Genève

Aux Nations unies, à Genève : élus et syndicalistes CGT, FO et CFDT de la Ville de Suresnes présentent ensemble leur modèle de dialogue social.

Alors que la France est à nouveau confrontée à d’importants conflits sociaux, une délégation d’élus et de représentants syndicaux (CGT, FO et CFDT) de la Ville de Suresnes, conduite par Béatrice de LAVALETTE, adjointe au maire déléguée aux Ressources humaines et au Dialogue social de Suresnes, conseillère régionale d’Ile-de-France, est venue présenter à Genève, à l’invitation du Bureau international du travail (BIT), son modèle de dialogue social dans le cadre de la Conférence internationale du Travail (CIT). Les membres de la délégation ont notamment été reçus, jeudi 12 juin, par le directeur général adjoint de l’OIT, M. Gilbert HOUNGBO, avant de rencontrer Bernard THIBAULT, ancien secrétaire général de la CGT et nouveau représentant pour la France du groupe des travailleurs au conseil d'administration du BIT. Autant d’occasions pour les syndicalistes suresnois de témoigner, de vive voix, d’une démarche innovante fondée sur la charte de reconnaissance du parcours syndical

Alors qu’à l'appel de syndicats hostiles au projet de réforme ferroviaire la grève nationale des cheminots bloque la France entière et que les négociations avec le secrétaire d'État aux Transports patinent, il existe dans notre pays des exemples réussis de dialogue social. La Ville de Suresnes en est une illustration, et c’est précisément son modèle de dialogue social, construit autour de la charte de reconnaissance du parcours syndical mise en place depuis 2009, que la délégation d’élus et de représentants syndicaux CGT, FO et CFDT est venue présenter aux responsables de l’organisation internationale du travail et aux représentants du monde syndical réunis à Genève.

Une démarche de dialogue jugée « concrète et transposable », a apprécié en particulier M Gilbert HOUNGBO, ancien Premier ministre du Togo et directeur général adjoint de l’OIT, que la délégation a rencontré jeudi matin. Deux caractéristiques précieuses aux yeux de l’organisation onusienne, à la recherche d’expériences innovantes et réalistes de dialogue social pouvant être adaptées dans le secteur public comme dans les entreprises privées de ses 188 États membres. « C’est une initiative que le BIT est tout à fait prêt à soutenir », a-t-il déclaré, en s’engageant à mettre à la disposition de ses pays membres un dossier complet de présentation de l’expérience suresnoise, afin qu’ils puissent s’en inspirer. L’OIT − qui avait salué, dès sa mise en place, la charte de Suresnes, considérant qu’elle s’inscrivait dans le droit fil de la convention n°87 sur la liberté syndicale − confirme ainsi le rôle que la Ville est amenée à jouer dans la promotion du dialogue social. C’est d’ailleurs sous l’égide de l’OIT que Suresnes signera, en octobre prochain, un accord de partenariat avec la présidence du Gouvernement tunisien visant à appuyer le développement du dialogue social dans le secteur public tunisien sur la base de la « Charte suresnoise ».

La délégation a ensuite rencontré Bernard THIBAULT, à la veille de sa nomination au poste de représentant des travailleurs français au BIT. L’ancien secrétaire général de la CGT s’est, en particulier, félicité de voir une pratique de dialogue social française faire des émules au niveau international, se montrant particulièrement attentif aux témoignages des syndicalistes suresnois. Enrique MONJE, représentant local de la CGT − syndicat majoritaire à Suresnes avec près de 53 % des voix − a pour sa part pointé l’impact très positif de la mise en place de la charte syndicale sur le recrutement de nouveaux adhérents (+30 % depuis 2009). « Désormais, à Suresnes, être syndiqué n’est plus stigmatisant », a-t-il reconnu. Linda Le GRET, numéro 2 suresnoise de FO, a souligné de son côté, forte de son expérience, tout le bénéfice – personnel, professionnel et syndical – que les militants syndicaux peuvent retirer des formations de haut niveau auxquelles la charte leur donne accès. « C’est un formidable levier de relève syndicale », a-t-elle insisté. Enfin Sylvain MARCHAND, secrétaire général de l’Interco-CFDT Hauts-de-Seine, n’a pas caché que son syndicat avait initialement accueilli ce projet de charte avec « circonspection » : « il est important de comprendre que cette charte n’est pas un aboutissement, mais bien un point de départ et que tout son intérêt réside dans une pratique constante : il faut la faire vivre au quotidien ! ».

De nombreuses rencontres avec de hauts responsables de l’organisation onusienne et des représentants du monde syndical avaient également été inscrites au programme de la délégation. Des entretiens très riches ont ainsi eu lieu avec le département en charge du dialogue social au BIT (dirigé par Moussa OUMAROU) qui assurera concrètement la diffusion de la charte, ou encore avec Gilles de ROBIEN, ambassadeur, délégué du Gouvernement français au conseil d’administration du BIT, Marjorie ALEXANDRE, déléguée FO à la conférence internationale du travail (CIT)… « L’exemple de Suresnes est pour nous une véritable source d’inspiration, à l’heure où les syndicats peinent à surmonter leurs divergences, tant en France qu’au sein des groupes de travail que nous conduisons dans le cadre de la CIT », ont déclaré les déléguées syndicales françaises à l’OIT, Garance PINEAU (Medef) et Catherine SCHLACTHER (CFDT), en remarquant la capacité des syndicalistes suresnois à s’accorder sur des projets et sur une vision commune du dialogue social, partagée avec leur employeur.

Convaincue de la nécessité de promouvoir le dialogue social en donnant la parole aux porteurs d’initiatives nouvelles, la Ville de Suresnes organisera le 9 octobre 2014, en partenariat avec le Bureau de l’OIT pour la France et l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), les Deuxièmes Rencontres du dialogue social des secteurs public et privé.

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